L'Indochinoise ou l'histoire de Justine, douze ans, débarquée de Normandie, en 1906, sur les rivages de l'Indochine avec sa famille.... jusqu'en 1954, année de l'indépendance de la colonie.

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    Laissez-moi vous présenter le premier tome de mon second roman, L'Indochinoise :

A sept ans, Justine Tharel quitte sa terre normande pour les rivages lointains de l'Indochine avec sa famille. Les Tharel géreront une vaste plantation d'hévéas tandis que Justine s'éprendra de Cat Tuong.

Des brumes normandes de Lyons-la-Forêt à la chaleur écrasante de Cochinchine, la jeune femme se forgera un destin malgré le scandale qui la suit comme une ombre : journaliste, elle parcourt l'Indochine, y fonde une famille, y bâtit une vie... au point qu'elle restera à jamais dans les mémoires comme L'Indochinoise.

Après Rouge Bonheur, voici le second roman de Karine Lebert qui nous plonge dans l'exotisme d'un sud disparu au travers d'une belle et impossible histoire d'amour, de 1906 à 1954. Le tome 2 paraîtra également en 2008.

Extrait de L'Indochinoise :

   Justine avait sept ans quand elle débarqua sur le quai Napoléon, à Saigon, en Cochinchine française, en ce mois de février 1906. A peine avait-elle quitté le bateau que la moiteur de l'air l'assommait. Cela ajouté à l'agitation ambiante et les effluves étranges qui parfumaient l'air lui tourna la tête et les sens : ce fut sa première impression de l'Asie. Elle n'avait jamais quitté la Normandie où elle était née.


   Abasourdie, presque effrayée, elle serrait très fort la main de son frère mais le regard oblique qu'elle lui lança, loin de l'apaiser, l'inquiéta davantage car l'expression de Grégoire disait assez sa stupéfaction mêlée d'effroi. Elle avait toujours considéré son frère aîné comme un héros et elle attachait beaucoup d'importance à son jugement. S'il avait peur, comme elle, c'est que le pays était dangereux, et peut-être avaient-ils eu tort de venir ? A l'idée de devoir faire le voyage en sens inverse, le coeur lui manqua : la traversée avait été très éprouvante. A ce moment leur père fit de grands gestes en direction d'un individu au teint jaune et Justine comprit que, dans son esprit au moins, il n'était pas question de repartir. Car son père était le chef de la famille et tout le monde lui obéissait aveuglément. Elle ne savait pas si elle devait s'en réjouir ou le déplorer. La chaleur l'empêchait de réfléchir.


   Elle considéra d'un regard grave les habitants de cette terre lointaine avec leur peau sombre et leurs cheveux noirs, et faillit pousser un cri en découvrant leurs dents tout aussi noires et comme rongées par un mal mystérieux : elle ignorait que le bétel faisait des ravages sur les dentitions des Annamites. En fait, elle ignorait à peu près tout de ce pays et c'est pourquoi tout lui inspirait un mélange de curiosité et de crainte, presque d'épouvante, car elle pensait, comme sa mère, que rien ne bon ne sortirait de cet exil.


   Bien différent était l'état d'esprit de son père qui semblait ici chez lui. Tous les membres de la famille Tharel suivaient en portant des bagages. A l'exception du père, ils arboraient cet air hébété qu'on retrouve chez tous les voyageurs malgré eux qui, épuisés et parfois malades, débarquent sur un sol exotique et vaguement menaçant sur lequel personne ne les attend et où leur avenir demeure assez flou. Autour d'eux, une foule fluctuante et bruyante de coolies, portefaix, saïs et conducteurs de pousse-pousse leur faisait prendre encore plus conscience de leur singularité et de leur désarroi. Quelques figures européennes leur assuraient cependant qu'ils n'étaient pas seuls au monde. En cet instant, Justine trouvait du réconfort à contempler un visage familier, c'est-à-dire blanc. Ses vêtements trop épais étaient humides. Elle avait l'impression que la chaleur était quelque chose de solide contre laquelle elle devait batailler pour espérer avancer un peu comme un obstacle dressé sur son chemin. Elle regarda son frère d'un air éploré mais il ne semblait pas se porter mieux.


   - Je crois que je vais vomir, dit-elle d'une petite voix. 
   - Retiens-toi, Justine. Je ne peux pas bouger avec tous ces    gens.
   - Il y a tant de monde! Et puis ça sent bizarre.
   - C'est les épices, déclara son père d'un ton professoral.

 

Je suis gourmande... de sucreries et de livres!

Salon du Livre de Paris, le samedi 15 mars : que de monde, que de bruit, que de chaleur! Mais, surtout, que de plaisir!...

  

Le Salon du Livre de Chaumont en Vexin, dans l'Oise, avec une consoeur, auteure à la même maison d'édition.

Le Salon du Livre du Bec Hellouin était l'un de ces moments où sont réunis le soleil, les visiteurs nombreux, les échanges intéressants, un cadre magnifique (l'un des plus beaux villages de France...)... et la certitude pour moi d'avoir fait le bon choix en écrivant...

 

 

 

Lors de la Fête de la Fleur, à Lyons-la-Forêt, j'ai présenté L'Indochinoise, le 5 juillet 2008. Bonheur d'une dédicace dans un lieu où l'on vit et que l'on aime profondément...

 

 

 


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